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D’hier à aujourd’hui De Charles Barret à Philippe Dereuder

Un souffle nouveau

Parisien familier des tournées internationales, Charles Baret est un organisateur professionnel évoluant dans un monde aux pratiques amateurs. Sa venue à Evreux en 1901 marque la fin d’une époque redondante, monopolisée par le théâtre de boulevard.

Avec lui apparaît également une dimension nouvelle dans la vie théâtrale ébroïcienne - la longévité -, qui permet au concessionnaire et à la ville de nourrir des relations de confiance. La programmation se diversifie et devient exigeante. De grands débats animent de manière récurrente les rapports entre gens concernés : le soutien de la puissance publique, le prix des places, l’évaluation artistique, etc.

Baret, qui travaille pour les artistes et le public, incarne une éthique, des valeurs. Le théâtre, au moment où le cinéma s’impose, se fait une place honorable dans le paysage local.

Crises et renouveau

Les années 30 déroulent un voile noir sur le monde. Les directeurs Charnault, Denuit et Henrion, puis Bureau ne parviennent pas à lutter contre la « crise du théâtre ».

Dans le même temps (est-ce un paradoxe ?), des voix revendiquent la valeur politique et sociale de l’art dramatique, ce à quoi l’Etat devient sensible.

Après guerre, la décentralisation théâtrale répond aux attentes d’un public apparu sous l’Occupation. Une nouvelle génération de compagnies, conscientes de leurs responsabilités à l’égard de la population, fait étape à Evreux dans les années 50 et surtout 60. Les Centres dramatiques nationaux rayonnent jusqu’à la préfecture de l’Eure où l’on trouve une correspondante de la Comédie de Caen dans les années 70.

Le mouvement général est celui d’une institutionnalisation et d’une ouverture du théâtre qui profite largement aux Ebroïciens dont la population passe de 20 à 50 000 durant Les Trente Glorieuses.
De jeunes créateurs, à la suite de Jean Vilar, émergent ici et là, qui renouent le dialogue avec le public.


Le cinéma, enfin !

En 1907, « La plus grande Attraction de l’Epoque – THE MONDIAL THEATRE – merveilleux cinématographe parlant » ne reçoit pas l’autorisation de s’installer à Evreux. C’est en 1916 que la ville accorde la concession du cinéma à Baret.
Jusqu’en 1935, les projections se dérouleront exclusivement au théâtre.

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Le théâtre sous l’Occupation

Après d’intenses bombardements dont le théâtre réchappe miraculeusement, les troupes allemandes entrent à Evreux le 15 juin 1940. Le 1er janvier 1941, une étrange nouvelle saison s’ouvre par Le cirque à la scène.
Sous l’Occupation, semblable aux autres théâtres de France, celui d’Evreux ne désemplit pas.