Exils
Festival Ciné-scènes 2013
Depuis sa naissance, le cinéma a une mission prométhéenne pour celui qui désire connaître le monde.
Et si de nos jours, les transports, aériens notamment, et leur accessibilité accrue réduisent les distances, l’immense majorité de l’humanité ne voyage, encore aujourd’hui, qu’à travers les images. Une image toujours plus puissante que les autres est celle de la richesse venue d’Occident, diffusée par les chaînes de télévision et relayée par Internet. Les biens circulent.
Mais pour les hommes, la généralisation progressive des passeports et du droit de sortie (le droit de quitter tout pays y compris le sien, comme le rappelle la déclaration Universelle de 1948) s’est accompagnée dans les pays riches du durcissement du droit d’entrer. Dans nos sociétés qui chantent la mondialisation, l’immigration est devenue le thème sécuritaire par excellence évoqué dans des termes qui rappellent parfois le “péril rouge” d’une époque révolue.
Pourtant, il y a un autre mot pour dire ce départ, cet éloignement et sa nostalgie, cette difficulté de se réinventer ailleurs : l’exil. On y entend une Odyssée, et au-delà des frontières, une présence singulière au monde.
Ainsi, ce Festival Ciné-Scènes 2013 nous invite à des Exils.
Sur les planches, l’auteur et metteur en scène algérien Slimane Bénaïssa nous attend pour un Exil sans GPS.
A l’écran, nous traverserons le désert de Rome plutôt que vous avec son compatriote Tariq Téguia, nous irons jusqu’aux canaux d’Amsterdam Global Village de Johan Van Der Keuken. Nous retrouverons Andrei Tarkovski avec Nostalghia et sa douleur d’être exilé de Dieu. Nous ferons des rencontres avec des cinéastes, des scénaristes, des penseurs, pour qui l’exil, parfois seulement intérieur, est une nécessité pour qui souhaite réfléchir et recomposer le monde.
Nous aurons une semaine pour nous retrouver dans le silence partagé des salles de spectacles et de cinéma.
La parole circulera et nous chercherons à nous comprendre dans toutes les langues.
Nous serons sous Le Regard d’Ulysse.
Nous nous retirerons du monde « pour s’arrêter un moment, regarder, mieux comprendre. »
« L’homme a plusieurs visages », déclarait Théo Angelopoulos,
« Chacun de nous n’a-t-il pas, un jour, pensé à disparaître, à changer d’identité ? »
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