Double palme d’or à Cannes, immense réalisateur, Shohei Imamura est un terrien, dédaigneux de l’idéal – qu’il associe à la catastrophe d’Hiroshima. Imamura filme ce qui survit : ses héros ? Des gens simples, qui n’ont plus que leur instinct contre le naufrage de la guerre et de l’Américanisation. Nature contre culture.
Chez lui, corps politique et corps sexué ne font qu’un : le corps féminin est une incarnation du Japon qu’il filme avec une acuité qui relève autant de la fascination documentaire que du grossissement grotesque. Il invente ainsi une figure de femme japonaise inédite, dotée d’un tel appétit de survie qu’elle retourne puissamment le tragique de sa condition. Ce qui donne à ses films, malgré leur âpreté sexuelle, ce vitalisme bouffon qui les rend si puissants. La femme – toujours – est celle par qui la vie va (re)naître.
14h : L’histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar (1970)
17h30 :L’anguille (Palme d’Or 1997)
Une journée conduite par Alain Bergala, cinéaste, enseignant, écrivain de cinéma